vendredi 6 janvier 2017

une plante carnivore pour piéger les frelons asiatiques




C'est au laboratoire montpelliérain de Botanique et Modélisation d'Architecture des Plantes et des végétations (AMAP) qu'est née cette idée folle : utiliser les plantes carnivores pour lutter contre la propagation de la Vespa velutina, ou frelon asiatique.

Le frelon asiatique, responsable de la disparition de milliers d'abeilles

Recensé pour la première fois en France en 2004 dans le Lot-et-Garonne, cet insecte aux piqûres extrêmement douloureuses est responsable de la disparition de milliers d'abeilles. À ce jour, seule une dizaine de départements de l'est de l'hexagone est épargnée par le fléau.
En 2015, le jardin botanique du muséum de Nantes a reporté que la plante carnivore Sarracenia pouvait piéger jusqu'à 50 % de frelons asiatiques. « Elle sécrète probablement une odeur spécifique pour les attirer puis les emprisonne et les digère dans ses feuilles en forme d'urne », explique Laurence Gaume-Vial, chargée de recherches CNRS à l'AMAP, écologue et spécialiste des plantes canivores. « J'ai donc eu l'idée d'identifier cette substance odorante pour l'utiliser dans un piège artificiel biomimétique contre le frelon asiatique ».

Des expériences en cours

En réalité, la Sarracenia se nourrit également d'autres insectes comme les guêpes et les mouches. C'est pourquoi Laurence Gaume-Vial et son équipe cherchent à caractériser avec précision les composés volatils qui dans l'odeur attirent les frelons, et seulement les frelons. Depuis début 2016, trois dispositifs expérimentaux constitués de ruches et de quatre espèces différentes de Sarracenia sont installés à l'AMAP, dans la pépinière gersoise "Le jardin carnivore" et à la cité des insectes Micropolis dans l'Aveyron. 
« L'objectif est de savoir quelle espèce de Sarracenia attire le plus de frelons et en quelles proportions, en fonction de leur couleur et des substances qu'elles sécrètent. Une fois que nous saurons quelle combinaison odeur-couleur est la plus efficace, nous pourrons nous en inspirer pour développer un piège artificiel », éclaire la chercheuse. 

87 départements français touchés

Originaire de Chine, la Vespa velutina est arrivée en France par bateau, sans doute par l'intermédiaire d'une reine fécondée, cachée dans une poterie à bonzaï. Un des premier colis de ces poteries a été livré au printemps 2004 dans le Lot-et-Garonne et c'est là qu'est apparu le premier nid. Aujourd'hui, 87 départements français sont touchés, ainsi que le nord de l'Espagne et du Portugal.
« Nous avons été relativement malchanceux car si le premier frelon était arrivé en hiver, il serait tout simplement mort. Mais la reine a découvert la France au printemps, donc dans des conditions climatiques très favorables à sa reproduction », détaille Claire Villemant, chercheuse au Museum national d'histoire naturelle, spécialiste du frelon.
« En outre, plusieurs études scientifiques s'accordent à dire que le Sud-Ouest est particulièrement propice à la multiplication de cet insecte car on y trouve un climat similaire à sa région d'origine en Asie ».
Depuis l'arrivée du frelon asiatique en France, plusieurs équipes de chercheurs travaillent à un piégeage par phéromone mais sans aucun résultat concluant.




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